Dieu a choisi de rappeler Henri Dutilleux à Lui le jour de la naissance de Richard Wagner. A moins que, trop modeste et trop bien élevé pour qu'on le remarque, le compositeur français s'en est allé vers Tout un Monde Lointain à l'ombre d...
Dieu a choisi de rappeler Henri Dutilleux à Lui le jour de la naissance de Richard Wagner. A moins que, trop modeste et trop bien élevé pour qu'on le remarque, le compositeur français s'en est allé vers Tout un Monde Lointain à l'ombre d'une autre célébration. Il est parti rejoindre sa femme la pianiste Geneviève Joy qui portait bien son nom. C'est d'ailleurs admirable que si Olivier Messiaen, cet autre géant qui aimait les oiseaux, avait épousé Yvonne Loriod (sic), Henri Dutilleux qui aimait tant la vie s'était uni dans la Joy.Durant sa longue vie (97 ans), Henri Dutilleux a beaucoup écrit, mais très lentement, à son rythme, une musique pure et forte en s'écartant des totalitarismes de la pensée, des querelles de chapelles, des batailles esthétiques. Il avait conservé la fraîcheur de l'enfance, tel le petit Yniold du Pelléas et Mélisande de Debussy, les yeux pétillants de malice dans son bric-à-brac de l'Ile Saint-Louis à Paris. Quand on venait le voir, sa porte était toujours ouverte pour un admirateur ou un musicien de passage. On en ressortait chancelant par sa bonté, titubant sous le whisky qu'il vous servait généreusement et dont il usait sans modération à la stupéfaction des médecins. Il aimait toutes les bonnes musiques. Georges Moustaki, son voisin, avait été émerveillé de bavarder avec lui dans la rue : il connaissait toutes les chansons de Charles Trénet par coeur.More...